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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 21:10

« Vous m’excuserez auprès du Père hôtelier de garder un peu de pain dans la huche pour les petits moineaux. »
C’est ce que Charles Bordes écrit à Dom Mocquereau, le 17 juin 1899, juste avant l’arrivée à Solesmes d’une trentaine de scholistes.
Cette photo qui montre Charles Bordes au milieu de quelques « petits moineaux » est, comme la photo sur le billet précédent, dans le livre de Patrick Hala Solesmes et les musiciens (vol.1, La Schola Cantorum), Éditions de Solesmes, 2017. Nous remercions le Père Hala de nous l’avoir communiquée.
Peut-être vous souvenez-vous d’un billet de 2010 intitulé « Pour qui chante-t-on ? ». La fin d’un article de Félicien Grétry (Musica, n°24, septembre 1904) était citée et disait : « dans un coin, à l'ombre d'un pilier complaisant, quelque petit paysan écoutait, la bouche entr'ouverte, les yeux pleins de joie, les rythmes allègres, les entrelacs lumineux des : Allons gay gay bergères de Costeley ou les grâces piquantes de Joli-jeu de Clément Jannequin. » On peut trouver insupportable le ton condescendant de l’article ; l’auteur écrit dans une revue « bourgeoise », mais il est bien conscient du problème que pose une musique « savante » par rapport à son public, en particulier populaire.   
Ici, avec cette photo, nous sommes loin des airs Renaissance mentionnés par Musica, mais dans une musique austère, encore plus « savante ». Des enfants, en toute simplicité, y consacrent leur vie.
La photo évoque aussi un autre aspect ; il s’agit du choix existentiel de Charles Bordes. Le nom de pater qui lui était souvent associé est ici pleinement illustré. Et il y a autre chose encore : le compositeur a sacrifié son œuvre (ses mélodies, ses pièces instrumentales, son opéra) à son travail d’enseignant. Il sert la musique ; c’est un créateur.

 

BC

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