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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:33

Une note sur des événements tourangeaux pour les 150 ans de Charles Bordes.

 

D'abord ceux que l'Association Charles Bordes organisait directement. Cette association figure dans la page d'accueil à droite depuis le début de ce blog (la réciproque n'est pas vraie).

La maison de disques Timpani Records vient de sortir le deuxième volume des mélodies de Charles Bordes. Nous en reparlerons. La couverture en est ornée par le tableau bien connu de Sorolla, Promenade au bord de la mer.

Une présentation du CD était faite au Musée des Beaux-Arts de Tours jeudi 5 septembre. Le Président de l'Association Charles Bordes y parla de la carrière du compositeur, un discours bien rodé, conventionnel et lisse. Des mélodies étaient diffusées, avec une excellente sonorisation (Matthieu Delpy, L'audiophile, Tours) qui emplissait la salle de Diane. Au début, Sophie Join-Lambert, Directrice du musée, rappela que Charles Bordes y dirigea un concert dans la salle des Etats Généraux (décembre 1894).

Le vendredi, dans la Salle des mariages de l'Hôtel de Ville de Tours (son acoustique est, on le sait, difficile), on entendait au piano l'admirable François-René Duchâble jouer le Caprice à cinq temps et les quatre Fantaisies rythmiques de Charles Bordes et trois Préludes de César Franck.  Il accompagnait aussi des mélodies de Charles Bordes qui se trouvent dans le CD mentionné plus haut, ainsi que des mélodies de César Franck. Elles étaient chantées par le ténor Eric Huchet. Un bis nous proposa d'ironiques chansons d'Eric Satie, suivi d'un ter avec une mélodie plus sombre de Duparc. La Nouvelle République a publié un compte-rendu du concert. Il était bien équilibré. On y entendait les mélodies suivantes de Charles Bordes :

- Amour évanoui, poème de Maurice Bouchor,

- Avril, poème d'Aimé Mauduit,

- Petites fées, honnêtes gnomes, poème de Jean Moréas,

- Ô triste, triste était mon âme, poème de Paul Verlaine,

- Profonds cheveux, poème de Léon Valade,

- Recueillement, poème de Charles Baudelaire,

- L'heure du berger, poème de Paul Verlaine,

- Pleine mer, poème de Victor Hugo.

La présence du poème de Jean Moréas, souvent désigné par son premier vers Sous vos longues chevelures, petites fées, marquait l'ancrage de Charles Bordes dans le symbolisme, ainsi que la fonction spirituelle de la mélodie, dont nous avons parlé ici.

Le programme du concert comportait (pp. 18-19) un utile tableau des mélodies de Charles Bordes. On peut aussi se reporter aux notices de la partothèque du CIMF.

 

Parallèlement à cela, le CESR organisait un colloque sur Charles Bordes le vendredi et le samedi. Le colloque était très confidentiel, aucune publicité n'était faite, le site Internet du CESR n'en disait rien. Le public était admis, mais il fut fort réduit.

Il réunissait des spécialistes de l'époque et de Charles Bordes. Trop brièvement, voici les sujets de leurs exposés.

Vendredi matin sur le thème "les étapes d'une carrière" :

- Charles Bordes à Saint Gervais. (Fanny Gribenski),

- Une autre image de Charles Bordes. Son "irresponsabilité". (Catrina Flint de Médicis),

- Charles Vervoitte, un Maître de chapelle, de Rouen à Paris. (Vincent Rollin).

Vendredi après-midi, sur le thème "Charles Bordes en perspective" :

- Charles Bordes, Léon Vallas et la Schola de Lyon. (Barbara Kelly),

- Charles Bordes et la diffusion de l'esprit "scholastique" en France : exemples de Nancy, Lyon et Montpellier. (Katharine Ellis),

- Le chant basque, le collectage par Charles Bordes, sa conférence de 1898, les danses. (Natalie Morel Borotra).

Samedi matin avaient lieu des communications plus techniques :

- L'analyse harmonique des mélodies de Charles Bordes : une modalité à la française. (Sylvie Douche),

- L'influence de Pierre de Bréville dans l'édition des mélodies de Charles Bordes. Une réécriture ? (Jean-François Rouchon).

On notait d'utiles interventions notamment de Denis Herlin ainsi que d'autres personnes présentes. Le colloque était mené avec sûreté par Philippe Vendrix, Directeur du CESR ; il a en particulier fourni des conclusions soulignant les difficultés que pose l'étude de Charles Bordes.

L'Association Charles Bordes et le CESR veulent sortir un livre. Il est encore dans les limbes car il faudra du temps. Les communications seront peut-être publiées séparément. Réunies, elles ne constituent pas le livre qui reste à faire. Au début du colloque ont circulé deux magnifiques ouvrages publiés par Brepols pour le CESR. Quel rêve serait un livre identique sur Charles Bordes avec une iconographie appropriée !

 

Une étude correcte de Charles Bordes pose de nombreux problèmes. Sans vouloir être exhaustif en voici quelques-uns notés en vrac par l'auteur de ce billet :

- La correspondance de Charles Bordes est insuffisamment connue. Les lettres présentées dans la thèse de Bernard Molla sont à revoir. Beaucoup de lettres sont dispersées ou disparues. Par exemple, où est maintenant la correspondance de Charles Bordes avec Paul Poujaud, où apparaît notamment la relation particulière entre les deux hommes ?

– Bernard Molla signale que Charles Bordes faisait des photos. Où sont elles ?

– Palestrina n'a jamais disparu de la musique au 19e siècle.

– Une distance critique doit être prise par rapport à René de Castéra (Dix ans d'action musicale) et la Tribune de Saint Gervais en général. La prudence s'impose devant des textes souvent hagiographiques.

– La personnalité de Charles Bordes doit être mieux interprétée, et sa place doit être donnée au handicap que représente l'hémiplégie à la fin de sa vie.

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