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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 11:03

 

Les lecteurs de ce blog se demandent peut-être ce que vient faire ici cette sculpture d'Auguste Préault sur la tombe de Jacob Roblès au cimetière du Père Lachaise (dans l'ancien enclos israélite).

Preault--Le-Silence--Robles.jpg

Ce médaillon date de 1842. Préault en a réalisé plusieurs copies en bronze et en plâtre (comme celle de l'Art Institute de Chicago, présentée plus loin), et l'œuvre était bien connue. Le peintre Odilon Redon la connaissait et la parenté avec son propre Silence, peint pour la bibliothèque de l'Abbaye de Fontfroide en 1910 est évidente.

Odilon-Redon--Le-Silence--Fontfroide.jpg

En plus, Odilon Redon s'intéressait particulièrement à Auguste Préault. Dans La Gironde du 2 août 1868, il lui avait consacré un article, après sa visite du Salon, en particulier sur sa vision de la mort dans le monument consacré à Mickiewicz. L'œuvre présentée, qui se trouve actuellement à la Bibliothèque polonaise de Paris, était proche du Silence de 1842 :

Preault--Mickiewicz.jpg

la mort interrompt la parole du poète, la bouche encore entr'ouverte.

L'autre jour, en visitant Fontfroide, j'espérais que Redon avait peint le visage de Charles Bordes parmi ceux qui volent dans son tableau  La nuit. Les musiciens y sont, Schumann et Ravel et Ricardo Viñes et Déodat de Séverac, le disciple de Charles Bordes, mais je n'ai pas reconnu la tête du "pater" parmi les têtes dont l'attribution est encore floue. J'ai trop regardé cette photo du 18 septembre 1906 où Viñes, Déodat de Séverac et Bordes sont réunis.

Le silence règne dans la bibliothèque ; c'est aussi celui des moines dans le cloître, c'est celui des "feux follets" et des créateurs qui ne disent plus rien.

Comme ces mélodies, ces poèmes figés dans des livres et qui attendent des demains incertains.

Preault--Le-Silence--Art-Institute.jpg

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