Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:36

portrait--chez-Deodat-de-Severac--en-1906-ou-1908-jpg

 

Cette photo a été mise en ligne en avril 2008 dans le forum "mqcd-musique classique". On nous y dit (Jacques) : "une photo prise vers 1908 à Saint-Félix de Lauraguais (elle figurait dans l'album de la première édition de l'intégrale Ciccolini, parue en disques noirs en 1981)". Il s'agit de l'oeuvre pianistique de Déodat de Séverac. L'intégrale Ciccolini a été rééditée, 3 CD chez EMI Classics.

 

Sur la photo, on voit une salle de la maison natale du compositeur, à Saint-Félix-de-Lauragais ; c'est l'ancien atelier de Gilbert de Séverac, son père. Il était peintre, d'où les tableaux et les plâtres ; l'atelier avait été transformé en salle de musique. Assis au piano il y a Déodat de Séverac (à gauche) et Ricardo Viñes, jouant un morceau à quatre mains. Et se détachant de profil sur le côté de la caisse du piano, on voit Charles Bordes, à gauche de la photo.

 

Le site Internet du journal Couleur Lauragais (n°113, juin 2009) attire notre attention sur cette photo. Il la date plutôt de 1906, ce qui nous paraît probable. En effet, tous s'étaient retrouvés à Montpellier, du 3 au 6 juin de cette année-là, pour le Congrès du Chant Populaire, organisé par Charles Bordes. Déodat de Séverac y avait pris la parole ; il avait publié un article au mois de mai "Le renouveau de la chanson populaire en France".  Plus tard, dans Musica de décembre 1911, il évoquera ce Congrès. Tous étaient amis. Tous avaient un lien avec la Schola. La photo a pu être prise (par François de Vezian) au cours de l'été 1906. Un peu plus tard, le 20 septembre, Ricardo Viñes note dans son journal : "Nous sommes rentrés de Saint Félix le soir. (…) Déodat de Séverac et moi avons parlé d'apparitions et d'anecdotes fantastiques avant d'aller nous coucher." (cité par Suzy Lévy, Journal inédit de Ricardo Viñes. Odilon Redon et le milieu occultiste, 1987).

 

Pour nous, cette photo est comme une apparition. Nous ne saurons pas ce que jouaient Séverac et Viñes ; les auditeurs sont attentifs ; c'est le silence total. Et il y a ce visage de Charles Bordes, grave, fatigué, le regard dans le vague. La maladie l'a "déjà marqué pour la mort" comme l'écrit François-Paul Alibert. Figé, comme un de ces plâtres antiques, la musique le pénètre. Sur la droite, au premier plan, une petite fille nous regarde. Elle nous demande de témoigner. Ce que nous faisons.

Partager cet article
Repost0

commentaires

michel daudin 02/06/2011 16:56


Très ému de l'apparition de cette photo sur mon écran d'ordinateur, je remercie l'auteur de ce blog, et - puisqu'il semble intéressé par Bordes, je l'invite - s'il le souhaite - à visiter le site
des "Journées Charles Bordes", et - pourquoi pas?- de prendre ensuite contact avec moi.
Très cordialement,
Michel Daudin