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Paul Poujaud jouait du piano. Il y en avait un chez lui, à Guéret, rue du Prat, un Pleyel droit. Il est par exemple mentionné dans l’Évocation d’André Jorrand (§ 2).
On ne sait pas comment il avait appris à jouer de cet instrument, ni avec qui. Un instrument semblable se trouvait probablement à Paris, rue de Solférino. Les témoignages concordent pour dire que personne ne l’avait vu jouer. C’est peut-être une autre manifestation de la discrétion de Paul Poujaud.
Jouait-il aussi du violoncelle ?
La notice du Dictionnaire Carriat le dit (il est lui-même très bon violoncelliste) et cette information est quelquefois reprise. On la trouve dans l’édition de la correspondance de Paul Dukas, chez Actes Sud. Il y en a deux mentions ; l’une dit qu’il était « excellent violoncelliste » (volume 1, p. 17) ; l’autre (dans le même volume, p.637) ne voit en lui qu’un « violoncelliste estimable », ce qui n’est pas tout à fait la même chose. On ne peut en tenir responsable Simon-Pierre Perret, qui a établi cette correspondance, et qui est décédé avant la publication du premier volume. Plusieurs personnes sont intervenues pour terminer le livre et cela peut expliquer ce manque de cohérence.
Les relations entre Debussy et Poujaud sont difficiles. Leur « rupture » après 1913 est un problème. Or Debussy a composé sa Sonate pour violoncelle et piano en juillet-août 1915 et l’œuvre a suscité l’enthousiasme des violoncellistes. Si Poujaud en avait fait partie, cela l’aurait réconcilié avec le compositeur. Il n’en est rien.
L’instrument, avec sa présence physique importante, sa « personnalité », n’apparaît jamais dans les lettres à Dukas. Un violoncelliste le pratique souvent ; Poujaud ne dit rien à ce sujet.
Le titre de ce billet comporte un point d’interrogation. Il y a doute : ce doute est normal.
BC